Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
extrait de Béance du divin (1994 : 218) de Jean Onimus ; paru dans "Quelques nouvelles" (bulletin de la mouvance Marcel Légaut), n° 214, septembre 2008.
L'auteur est décédé le 3 août 2007
(...) Je voudrais encore plaider pour une théologie humble, consciente des impuissances et des lacunes de l'esprit humain. Il nous faudrait mettre en question nos discours sur Dieu, nous rendre compte qu'ils sont contingents, évolutifs autant que le sont nos mentalités.
En présence d'une réalité stupéfiante, ultimement incompréhensible, en présence d'un cosmos aux dimensions inouïes, qui parait non pas - nous l'avons dit - planifié d'avance mais en évolution ouverte en direction de formes imprédictibles de complexité, donc de pouvoirs nouveaux et de présence spirituelle, la notion du divin doit demeurer en nous fluide et modeste : soyons conscients de nos limites et du caractère encore très primitif de nos esprits, évitons les constructions métaphysiques et dogmatiques a priori, uniquement fondées sur un matériel conceptuel et une logique dont nous avons mesuré la contingence.
"Instantané", composition sur ordinateur par Robert Moro (Aix-en-Provence, France). Pour contact : robert.moro1@gmail.com
Par contre, une théologie humble pourrait approfondir la phénoménologie, à peine entamée, de la prière, de la méditation, de la contemplation, du désir de célébration ... Elle s'attacherait à élucider les origines, les significations spirituelles de la poésie et des arts. Elle se ferait anthropologie en essayant de comprendre les ultimes dimensions de l'amour, de la bonté, du pardon et surtout de la générosité et du don.
La connaissance expérimentale des besoins spirituels de l'homme n'a guère été abordée avec sérieux, pas plus que son exigence d'un sens et de fins valables voilà l'aire de recherches ouvertes à une théologie humble Une exploration de toutes les transcendances qui nous ouvrent à des valeurs qui nous dépassent et nous rendent créateurs. C'est parce que l'homme passe infiniment l'homme que la théologie est possible, et ce serait un beau projet " kantien " que de réfléchir aux conditions qui rendent effectivement possible la théologie.
Enfin une théologie humble aurait un profond respect pour la diversité des opinions ; consciente du caractère historique et forcément limité des vérités formulées, elle chercherait à atteindre, au-delà des formules et des définitions provisoires, le foyer d'où émanent de tels concepts et vers lequel ils convergent. Dans un domaine très ouvert, qui échappe à l'expérience objective et que le systémisme logique ne saurait embrasser sans arrogance ou naïveté, la théologie humble ne peut que se contenter de relever un ensemble de faits psychiques, culturels, historiques qui concernent le fonctionnement harmonieux de la nature humaine.
Elle constaterait sans doute que l'Evolution s'oriente sur terre vers une croissance de l'esprit et que la solidarité, qui s'impose de plus en plus à l'espèce humaine, passe par une mutation des consciences en direction d'une entraide, voire d'une communion universelle. Ce sont ces évidences qui donnent un sens au progrès humain : il appartiendrait à la théologie d'en tirer les conséquences ...
Pour une présentation de l'auteur (Jean Onimus 1909-2007), voir l'encyclopédie en ligne Wikipedia http://fr.wikipedia.org/wiki/Jean_Onimus
principaux ouvrages de l'auteur sur la religion :