Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
Jésus enseignant aux foules
A premier vue, peut-être que ce rejet prend-il ses racines à la suite du témoignage qu’il fit dans la synagogue de Nazareth, où il avait scandalisé tout le monde, y compris ses parents. Il avait alors lu un passage d’Isaïe concernant l’arrivée du Messie et il eut l’audace de dire que, par lui, tout s’accomplira. Son amertume vis-à-vis de sa famille venait-elle de là ? Il avait dit alors : " Un prophète n’est méprisé que dans sa patrie, parmi ses parents et dans sa maison ".
Mais, lui qui nous a enseigné de pardonner soixante-dix sept fois ne pourrait-il pas pardonner à sa famille ce qu’il a ressenti alors comme une offense ? Oui, cela nous fait très mal quand nous ne sommes pas compris par ceux que nous aimons. Il est en effet plus facile de pardonner à des gens inconnus ou qui ne touchent pas notre vie en profondeur.
Mais la vérité s’avère un peu différente et, parfois dans notre vie familiale, nous devons réaliser avec la même amertume de Jésus qu’aimer n’est pas nécessairement comprendre. On peut aimer sans comprendre (et nombre de couples se vivent ainsi) comme on peut comprendre sans aimer (lorsqu’il nous faut par exemple comprendre les raisons et accepter des évènements contre son gré).
N’être pas compris par sa famille, c’est toujours douloureux, mais ce n’est pas impardonnable ! On ne pourrait d’ailleurs pas vivre comme famille, comme communauté sans la possibilité quasi journalière de se réconcilier.
Interrogeons-nous sur cette attitude de Jésus. Cette offense non pardonnée est-elle le fait d’un Jésus, fils et frère, ou plutôt d’un Jésus prophète de Dieu ? Peut-être que pour Jésus l’incompréhension de sa famille à son égard est-elle moins douloureuse que leur incompréhension de la parole de Dieu ? Dans le récit, il y en a un rejet particulier, la parenté, et une acceptation universelle. Or ils sont indissolublement liés.
J’ai finalement compris ce message à partir de mon expérience personnelle.
Je suis une enfant adoptée. Ma mère biologique, ne voulant pas de moi, me donna en adoption à un couple qui était sans enfant. Jusqu’à présent, je n’avais jamais lié ce récit des évangiles à ma vie personnelle, parce que j'ai toujours considéré mes parents adoptifs comme mes vrais parents. Leur amour envers moi, le soucis qu’ils ont eu pour moi, leur travail pour faire mon bonheur m’ont toujours rassurée que j’étais bien leur fille. C’est là un exemple que la famille n'est pas toujours une question de biologie, de liens de sang ou de coutume d’un pays.
Certes, ces liens biologiques sont d'habitude à la base d’une famille, mais ils ne suffisent pas. Une vraie famille doit être plus que de simples relations de parenté ; il faut y ajouter l’amour, des responsabilités assumées, des peines et bonheurs partagés ...
Dans cette optique, le geste de Jésus n’est pas tant un rejet que l’acceptation de la grande famille des enfants de Dieu.
Etre dans la grande famille de Jésus n’a été et ne sera jamais facile. Regardons d’abord ses disciples, ceux qui furent les plus proches de lui. Combien de fois n’ont-ils pas été indignes d’appartenir à cette famille ? Combien de fois n’ont-ils pas compris les paroles de leur Enseignant ? Ils se sont querellés pour des questions de préséance, ont demandé à être récompensés pour leur fidélité, et finalement l’ont abandonné en plein péril ; puis Pierre l’a renié par trois fois. Et pourtant, malgré toutes ces faiblesses humaines, ils ont eu le courage, à la Pentecôte, de continuer le travail de Jésus, proclamant l’Evangile et établissant les premières communautés chrétiennes.
Faire partie de la famille de Jésus n'est pas un fait accompli, mais un devoir pour lequel nous devons travailler chaque jour. Nous avons aussi nos faiblesses, nos tendances à nous disputer, notre aveuglement à nous séparer de gens que pourtant nous aimons, etc.
Jésus nous rappelle que nous sommes tous les membres d'une grande famille liés non pas par des liens de sang, mais par des liens d'amour vis-à-vis de notre Père et envers les autres.
Chaque fois que nous assumons notre responsabilité d’humain, de chrétien, d’enfant de Dieu, nous renforçons notre adhésion à cette grande famille. Chaque fois que nous avons le courage de pardonner, d’aimer et d’espérer malgré tout, nous sommes les parents, les fils, les mères, les frères et les soeurs de Jésus.
Dans cette communauté ouvrons notre coeur, notre âme, notre conscience pour déceler l’esprit de Dieu dans notre vie, pour recevoir la force et l’amour de vivre, et de travailler comme membres de la famille de Jésus, en faisant la volonté de notre Père. Ainsi soit-il. Amen.