Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
Une année nouvelle, c’est d’abord la clôture de la précédente ? Non, je me suis réveillé ce matin, comme hier, appelé à continuer : je ne ressens pas de clôture. Mais toute personne rencontrée me souhaite tellement de choses pour cette nouvelle année que je me pose la question de savoir ce que j’ai vécu dans la précédente.
Ces douze derniers mois sont effectivement chargés de joies et de peines… Non, je ne peux pas qualifier ainsi les divers évènements qui m’ont touché. En effet, quand je regarde comment j’ai vécu, ce que je qualifierais de peines fut pour moi « épreuve », l’au-delà des souffrances ou des douleurs m’a apporté un supplément de vie, de dynamisme, de sens de l’existence ; et donc une avancée dans l’accomplissement de mon être.
Je n’ose pas le dire trop fort quand je vois autour de moi ceux qui sont enfermés dans leur souffrance ou les malheurs qui les atteignent. J’ai conscience d’être privilégié… Est-ce une grâce que Dieu me fait ? Vivre quand même, ce n’est pas évident ...
Il me semble qu’il faut d’abord « nommer » ce que l’on souffre, comme si on le posait devant soi pour l’évaluer. Quand je demande à quelqu’un « comment ça va ? » et qu’il me répond « on fait aller », je ressens cette réaction comme une soumission à une fatigue, à une douleur, à une perte de capacités de vivre : on ne peut pas faire autrement… Il est important de voir les moyens que l’on a d’avancer malgré les difficultés rencontrées, on n’est pas fini. Ne pas baisser les bras, pas facile, mais je suis convaincu que toute personne a en elle des moyens de lutter, de rebondire et que l’on peut l’aider à les utiliser. Etre réaliste c’est tenir compte en même temps des causes et des conséquences de nos épreuves et des moyens que l’on a de les dépasser.
Je considère la vie que j’ ai aujourd’hui comme un don que j’ai à cultiver avec tout ce qui vit et se développe autour de moi. Je suis là pour quoi, pour qui, avec qui pour quoi. Comme je suis et comme ils sont.
Année nouvelle ? Des projets ? Non je suis projeté dans un monde bien déterminé à moi d’entrer dans ce grand mouvement de la vie. Et ça commence dans ma chambre où télévision et internet m’interpellent . Mais ma porte est ouverte : on entre et je sors , toute rencontre a un sens. Tout à l’heure une voisine a frappé chez moi : « j’ai besoin de parler », et j’ai écouté ce qu’elle m'a déjà dit souvent… mais c’était l’an dernier. Aujourd’hui pour elle, c’est une autre réalité, c’est actuellement qu’elle souffre.
Pour moi vivre, c’est être dans le présent et comme, quand je perçois le présent, il est déjà passé je suis appelé à aller de l’avant. C’est peut-être pourquoi j’ ai souvent cette invitation de Jésus à Pierre qui me poursuit : « Avance au large ».
Etre présent à la vie, plus difficile quand on atteint un certain âge, car on rencontre des difficultés de perception. Une année de plus, c’est un petit coup de vieux : on entend plus mal, on y voit moins bien…Pourtant, faire comprendre à quelqu’un que c’est par égard aussi pour les autres que l’on doit voir son ophtalmo ou se faire équiper d’ une prothèse auditive, ce n’est pas évident… La perte de ces acuités est bel et bien une cause d’absence au quotidien…
Une année de plus va nous demander plus d’attention, de disponibilité, de curiosité, de sensibilité à ce qui est nouveau pour être présent à ce que la Providence nous appelle à vivre…
C’est mon vœu pour aborder cette nouvelle année. Yves Hibou (prêtre catholique à la retraite, Paris)