Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
Pour libérer l'Evangile de Paul Tihon, octobre 2009, 130 pages, éd. du Cerf, collection Théologies, 17 € -

Lu dans le bulletin de la mouvance des Amis de Marcel Légaut du mois de mars 2012, "Quelques nouvelles" n° 253, cette note de Jacques Musset :
Ce livre d'un théologien belge, disciple de J. Moingt, est une réflexion qui me paraît très en connivence avec celle de Marcel Légaut sur la crise de l'Eglise et du christianisme dans le monde actuel. L'auteur ne se contente pas de l'analyser : il propose des pistes de rénovation et invite les chrétiens personnellement et communautairement à les promouvoir. Voici la présentation qu'en fait l'éditeur :
Pour des catholiques contemporains qui ont découvert ce qu'est vraiment l'Evangile, l'image publique de leur Eglise est à cent lieux de ce qu'ils vivent. En même temps, le christianisme, religion de l'Occident qui a en partie colonisé la planète, se trouve aujourd'hui en concurrence avec les autres grandes religions universalistes, et quasiment stoppé dans son expansion, y compris dans sa branche la plus nombreuse, le catholicisme romain.
D'où la question : l'Evangile n'est-il pas prisonnier de son passé de chrétienté ? Est-il pensable de le débarrasser des formes stéréotypées prises par son langage officiel et par les institutions dont il s'est doté au cours des siècles ? Ou au moins de faire voir que, même dans des cadres strictement contrôlés, de larges marges de liberté existent pour la recherche, la créativité, l'invention de nouvelles formes d'expression et de pratiques ? Peut-on parler de Jésus de Nazareth d'une manière autre que les conciles des IVème et Vème siècles ? Peut-on multiplier les pratiques démocratiques dans l'Eglise ? Peut-on cesser d'être culturellement décalé ?
L'enjeu, c'est la possibilité pour la « joyeuse nouvelle » qu'est l'Evangile de rejoindre vraiment « toutes les nations » auxquelles il est en principe destiné. A la limite, est-il pensable aujourd'hui d'être non seulement un juif chrétien ( ce qui n'a rien de neuf), mais également un hindou chrétien, un musulman chrétien, voire même un agnostique chrétien ? Et ce message est-il, aujourd'hui encore, capable de transformer la vie des individus, et aussi d'influencer la marche des sociétés ? Peut-on libérer l'Evangile ?
En juin 2000, Paul Tihon avait publié déjà au Cerf (dans la même collection) « Changer la papauté ? », 176 p., qui était les actes d’un colloque sous l’égide de l’Association européenne de théologie catholique.
Ndlr - Jusqu'à présent, seule la tradition chrétienne unitarienne a été capable de s'ouvrir à toutes les sagesses du monde entier. Elle l'a faite à l'instigation de l'unitarisme américain, à partir de la fin du XIXème siècle, dont les congrégations locales ont commencé à accepter les agnostiques et les humanistes non-théistes, puis d'autres croyants pour, finalement, pratiquer l'interfaith. Sur cette tradition voir notre dossier sur l'unitarisme-universalisme dans "nos récapitulatifs" sur le site Unitariens français (lien).
Notre Eglise ici présente pratique elle aussi cet interfaith lors de ses cultes (lien), tout en maintenant l'importance de la tradition chrétienne en pleine continuité avec ses racines (la réforme anti-trinitaire du XVIème siècle) ; sa chaire est confiée à une ministre du culte de l'Eglise unitarienne de Transylvanie (qui fut fondée en 1568), la révérende Maria Pap.