Le courant unitarien est né au XVI° siècle et a été la "benjamine" des Réformes protestantes. Il se caractérise par une approche libérale, non dogmatique, du christianisme en particulier et des religions en général. Les unitariens sont près d'un million dans le monde entier. En pays francophones (en Europe occidentale : la France et ses oays d'Outre-Mer, la Wallonie, la communauté francophone de Bruxelles, la Suisse romane, Monaco et Andorre ; au Canada : le Québec ; et en Afrique noire), il s'e
note de Jean-Claude Barbier, chrétien unitarien (Bordeaux)
Le baptême dans de l’eau est initialement celui de Jean : un rite de repentance de ses péchés, accompagné de la volonté d’un changement profond de sa vie, d’une conversion du coeur (renoncer au péché, suivre désormais les commandements de Dieu). Cela n’a rien à voir avec la notion de Péché originel ; ni non plus avec un changement d’appartenance religieuse (il s’agit d’une seule conversion morale).
Ensuite, les premiers chrétiens vont le faire au nom de Jésus. L’évangile de Jean (seul) dit d’ailleurs que Jésus lui-même baptisa dans le Jourdain, parallèlement à Jean, avant que ce dernier ne fut jeté en prison par Hérode Antipas (Jn 3, 22-30). Lorsque Paul arrive à Ephèse (3ème mission de Paul datée de 53 à 58), il rencontre un groupe de 12 « johannites » qui ont été baptisés au nom de Jean. Il les rebaptise alors au nom de Jésus (Ac 19, 1-4). Ils avaient été baptisés par Apollos, judéo-chrétien venu d’Alexandrie. Apollos était alors parti pour la Grèce avec une lettre de recommandation de Priscille et Aquila, chrétiens venus eux d’Italie ; lesquels lui avaient expliqué le changement de baptême !
Comment se pratiquait ce baptême d’eau ? Le premier baptême dans de l’eau décrit après celui de Jésus est celui de l’eunuque de la reine d’Ethiopie de retour d’un pèlerinage à Jérusalem. Le diacre Philippe l’accompagne sur son char pour lui expliquer les Ecritures. « Chemin faisant, ils arrivèrent à un point d’eau. Qu’est-ce qui empêche que je sois baptisé ? ». Et il fit arrêter le char. Ils descendirent tous deux dans l’eau. Philippe avec l’eunuque, et il le baptisa » (Ac 8, 36-38).
tableau de Rembrandt
La Didaché (VII, 1) recommande bien une immersion dans de l’eau courante, mais accepte à défaut dans de l’eau froide stagnante, ou encore, toujours à défaut, une eau chaude (celle d’une citerne au soleil ou un bain public ?) ou le versement d’un peu d’eau sur la tête (par trois fois avec la formule ternaire précise t’elle). La Didaché cite plusieurs fois l’Apocalypse de Jean de Patmos et est donc, dans sa version finale, postérieure aux persécutions de Domitien en 95.
Dans les premiers baptistères chrétiens ont descendait par des marches dans une cuve d’eau. Le baptême de Clovis, roi des Francs, par Rémi, évêque de Reims (vers 498), est représenté ainsi.
L’immersion totale (à la renverse et la tête sous l’eau) n’était pas le rituel pratiqué. Il a été mis en vogue par les pentecôtistes qui se sont inspirés, quant à eux, de la rhétorique de Paul : le baptême symbolise la mort du pécheur (avec, cette fois-ci, référence au Péché originel), et sa résurrection (anticipée !). Le vieil homme symbolisé par Adam après sa Chute doit mourir pour laisser la place au Nouvel Adam qu’est Jésus. il est enseveli symboliquement (ici dans de l'eau).
à suivre ...